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Le blog de Collectif Anarchiste des Alpes-Maritimes... et d'ailleurs

Réunion Chili

15 Septembre 2009 , Rédigé par Collectif Anarchiste des Alpes-Maritimes

Ce vendredi 11 septembre,date fatidique pour le peuple chilien, nous avons rencontré Julia, française vivant au Chili, qui a désiré nous communiquer une information détaillée sur la répression dont est victime actuellement la population mapuche.

 

Originaires du sud du Chili et de l’Argentine, les indiens mapuches (littéralement : fils de la terre) ont toujours eu à se défendre contre un envahisseur désireux de s’approprier leur territoire pour des raisons économiques et stratégiques. Déjà à l’époque précolombienne, ils étaient menacés par l’empire inca. Les conquistadores ne sont pas arrivés à les soumettre. Au début du 19ème siècle, lors du grand mouvement d’indépendance des pays latino-américains (1810 pour le Chili), ils ont eu à se défendre contre la voracité des nouveaux états. Mais la plus grande persécution est arrivée avec l’essor du capitalisme. En 1882, la moitié de la population mapuche a été exterminée et leur territoire occupé. Dans une période suivante, la persécution a continué sous une forme moins directement violente : une grande vague d’immigration européenne a été organisée, toujours dans les territoires mapuches, avec toute liberté pour les colons de repousser les premiers habitants, y compris par des incendies de maisons. Plus tard, les mapuches ont obtenu une « loi indigène » qui leur garantissait théoriquement certains droits territoriaux. Mais il est à noter que, dans toute l’Amérique latine, la constitution chilienne est la seule à ne pas reconnaître l’existence d’un peuple autochtone.

 

Depuis des siècles, contre vents et marées, les mapuches s’acharnent à défendre, non seulement leur territoire, mais leur organisation sociale et leur culture. Avec le temps, il est clair que l’organisation sociale d’origine a évolué. Il reste cependant un mode de vie spécifique, fondé sur la communauté, avec des traditions qui évoquent une forme de démocratie directe et d’auto-gestion. En revanche, les mapuches n’ont jamais connu de gouvernement centralisé, ni de hiérarchie, ni de propriété individuelle.

 

Sous le gouvernement Allende, les mapuches ont pu espérer une nouvelle reconnaissance de leurs droits, notamment grâce à la réforme agraire, qui de fait s’adressait plutôt aux petits paysans. Mais, dès l’avènement de la dictature Pinochet, la loi indigène est balayée, la chasse aux dirigeants mapuches est ouverte et la réforme agraire est détournée au profit des grandes entreprises forestières. Ces grandes entreprises font main basse sur la forêt vierge et commencent à la détruire. Le plus vicieux peut-être, pendant cette ère Pinochet, est de contraindre les mapuches à adopter le système de la propriété individuelle, qui a pour effet de briser encore un peu plus leur organisation communautaire traditionnelle.

 

Après la dictature, les mapuches, qui avaient payé un prix très élevé, ont pu espérer des jours meilleurs, qui ne sont pas arrivés. Les grandes entreprises forestières, devenues des multinationales, ont continué d’envahir leurs territoires, où elles pratiquent en particulier la monoculture du pin et de l’eucalyptus, épuisent les sols qu’elles acidifient, épuisent l’eau au point que des rivières disparaissent, en un mot ont une action catastrophique sur l’environnement. Elles peuvent compter sur la complicité des autorités politiques, même prétendues de gauche. Ainsi, une loi protégeait l’environnement en interdisant l’épandage de pesticides par avion : le gouvernement dit socialiste, qui a précédé celui de Michèle Bachelet, a aboli cette loi.  De plus, comme ailleurs, on assiste à une privatisation croissante des ressources naturelles : 60% de l’eau chilienne sont exploités par une société privée espagnole. Les mapuches se défendent par divers moyens, les uns légaux, d’autres plus violents, tels que des récupérations de terre ou des incendies de plantations. L’état répond par la répression, par le moyen des lois anti-terroristes, dites de « sécurité intérieure », qui vont en se durcissant progressivement depuis le retour de la démocratie. Les affaires mapuches relèvent e juridictions spéciales. Les procès se multiplient, toujours plus iniques grâce à des procédés comme le recours aux témoins anonymes, pour aboutir à des peines exagérément lourdes. La répression policière sévit comme aux plus beaux jours, grâce à la souplesse des lois, très tolérantes en matière de torture. Les cas sont fréquents au cours des perquisitions. Enfin, des groupes para-militaires se chargent d’éliminer physiquement les plus indésirables, à peu près en parfaite impunité. Par ailleurs, une propagande habile s’attache à discréditer les organisations mapuches, surtout les plus radicales comme la Coordinadora Arauco-Mayeco, en les accusant d’être manipulées par l’extrême gauche chilienne ou même des organisations terroristes étrangères, comme les F.A.R.C. ou l’E.T.A.

 

Tous les camarades présents ont suivi avec un vif intérêt l’exposé de Julia. A la fin, nous lui avons demandé ce que nous pouvions faire. Sa réponse : relayer l’information et soutenir la lutte du peuple mapuche, éventuellement par le biais de groupes amis qui travaillent en France.

 

Voici trois adresses électroniques utiles :

 

Celle de Julia :

bastaderepresion@gmail.com

 

Celle d’un site d’information sur les mapuches :

WWW.mapuche.free.org

 

Celle d’un groupe de copains à Paris :

www.libertadparaarauco

 

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