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Le blog de Collectif Anarchiste des Alpes-Maritimes... et d'ailleurs

Quelques reflexions sur l'organisation du travail en société libertaire.

11 Avril 2013 , Rédigé par kuhing





Comment donc concilier liberté individuelle complète et totale et socialisation de la production ?

Avant de commencer à réfléchir plus à fond à ce cette question, réaffirmons que le système basé sur le profit financier est au bout de sa course, qu’il entraîne sauvagerie, décadence te barbarie, et qu’ un changement structurel de l’économie est nécessaire.
Pour cela, l’autogestion généralisée me paraît être l’alternative adéquate au capitalisme.
Dans autogestion j’ entends gestion et coordination à et par la base des pôles de productions.

Mais pour la mise en place de ces centres de production autogérés il faut :

- La parfaite connaissance des besoins de chaque individu de cette planète.
- Ces calculs pourront être obtenus et synthétisés à partir de données entrées directement par toute personne à qui sera donné la possibilité d’y participer (tout le monde)

Pour cela l’informatique me semble être l’ outil adéquate utilisé à grande échelle soit par le biais d’ordinateurs individuels soit par l’installation de bornes collectives à raison d’une borne pour 10 personnes (les machines existent déjà). Ces résultats pourront être complétés par des consultations organisées directement dans des assemblées et regroupements locaux.

Pour mettre en place cette nouvelle économie et faudra organiser un nouvel aménagement de l’espace et logements.

Dans un premier temps il faudra établir un répartition géographique de la population planétaire en fonction des souhaits de chacun, sur la base de structures d’habitations au confort similaire quelque soit la région aménagée mais tout en respectant les cultures les volontés et le style local.

Il faudra donc déterminer une densité moyenne de population par km2 qui ne dépendra plus de l’état économique selon l’ancien principe, d’une région mais simplement de l’espace objectif disponible sur la planète. 
Toutes zones : vallées, montagnes, plaines, mais aussi déserts, mers, océans et même fonds sous-marins pourront être aménagés si nécessaire de façon équilibrée pour pouvoir y habiter.
L’aménagement des zones disparates demandant une quantité de travail inégale en fonction de l’endroit choisi, il faudra considérer cette partie de la remise à plat de l’aménagement du territoire comme une tâche globale et commune à toute la collectivité humaine. Une rotation des tâches pourra être établie pour cette réalisation.
Il sera nécessaire d’adapter ces constructions, en fonction des motivations et engagements de chacun dans le projet de rénovation de l’habitat planétaire.
Les critères de constructions établis dans le respect de l’environnement aussi bien concernant les matériaux utilisés que les sites devront être mis en place toujours à partir d’une coordination globale des avis et souhaits de chacun. 
Toujours en fonction des souhaits répertoriés de chacun à la base, il faudra sans doute construire des zones d’habitations collectives mais également individuelles en quantité suffisante pour loger les sept milliards d’humains. Les habitations collectives et individuelles devront offrir une qualité similaire pour chacun sans pour autant être identiques.

Il ne s'agit pas de construire des casernes uniformes.
Dans ce processus il faudra sans doute détruire un grand nombre de logements qui ne remplissent pas les condition d’ espace et de salubrité dont l’homme aura besoin pour évoluer et s’épanouir sereinement . 
Ainsi l’extrême concentration urbaine mise en place par le système capitaliste sera vraisemblablement démantelée ou laissée coté.
L’émulation et l’objectif d’obtenir au bout de cet effort un logement confortable pour chacun devrait être une motivation suffisante pour que l’immense majorité se mettre au travail.
Il ne s’agira pas pour sept milliards de personnes de prendre la pelle et la pioche en même temps mais d’axer l’ensemble du système économique vers ce projet.
Mais tout le monde n’a pas les mêmes aptitudes, la même capacité de travail ni la volonté de l’accomplir.
Alors pourra intervenir ce principe « à chacun ses besoins à chacun ses moyens » selon lequel il sera possible d’établir une moyenne pour construire les structures de base de l’habitat que chacun pourra aménager dans un second temps selon ses désirs personnels, ou collectifs.
Il sera possible avec ces nouvelles structures , pour qui le souhaite, de changer de région , de logement .
La coordination et la communication entre les personnes bénéficiant d’ habitations aux conditions de confort équivalentes permettront à ceux qui le veulent d’établir des échanges selon un mouvement brownien.
D’où la liberté de mouvement qui me paraît essentielle dans la société de demain.

Mais pour qu’une révolution aboutisse il faut que les populations mangent à leur faim. 

Pour la production alimentaire, un consensus global préalable devra être établi au niveau mondial. Il évaluera les besoins alimentaires moyens de chacun tant du point de vue quantitatif que qualitatif en rapport avec les ressources de la planète et dans une optique de préservation écologique.
A partir de là, chaque zone rurale pourra être affectée pour une production spécialisée avec une éventuelle et très probable rotation des cultures.
Chaque pole de production sera en relation directe avec la demande en besoins et les structures de productions avec leurs machines appartiendront à ceux qui les font tourner.
Il en sera de même pour les usines de transformation des matières premières alimentaires.
La coordination se fera aussi au double niveau mondial et local.

Tout le monde pouvant manger correctement et suffisamment , le reste de l’économie pourra se stabiliser et se posera alors la question : 
Quelle place et quelle liberté aura celui qui souhaitera travailler dans les structures de production et jusqu’où ira la liberté de celui qui ne veut pas les intégrer ?

Cette question est importante, essentielle pour moi, parce qu’elle pose le problème de l’articulation entre liberté individuelle et socialisation des moyens de production .
Et cette équation combinant ces deux éléments est sans doute la plus difficile à résoudre . 
Voilà ce que j’en pense :
Le grand principe de la vie est l’échange. Cet échange peut être équilibré ou parasitaire. Il paraît évident que le choix à faire pour un fonctionnement social harmonieux est celui de l’échange juste ou positif, c’est à dire celui qui au bout du compte satisfait toutes les parties.

Chaque individu a un potentiel de travail et de créativité (je pense pour ma part qu’il est immense si il est débridé) 
Ce potentiel pourra par ailleurs se déterminer en établissant une moyenne entre ce qu’une personne souhaite obtenir et ce qu’une autre pense pouvoir être capable de donner du point de vue de sa force, de sa volonté et de son intérêt pour un travail. Cela établira un rapport besoin / travail.

Ceci fait, à partir des besoins exprimés globalement et localement, chaque individu ou groupe pourra établir sa propre pôle de production matérielle. D’autres pourront s’associer à lui par affinités et en fonction de l’évolution des demandes. Le résultat de leur travail sera partagé et leur permettra de décider de rester à un niveau restreint, laissant place à la création d’une autre structure similaire ou de développer leur outil de travail.
Comment se créeront les pôles de production ?
Pour les grosses structures : à partir de leur réalisation commune suite à un accord correspondant à un besoin exprimé.
Pour les micro structures ou individuelles, ceux qui en auront le projet devront en convaincre de son utilité et de son intérêt afin que ceux ci l’aident à le démarrer (construction des locaux )
Si un projet ne mobilise personne, son initiateur devra s’arranger seul pour le mettre en place, au risque de se fatiguer pour rien.
Les structures pourront donc se stabiliser ou grossir par associations.
L’avantage qu’il tireront d’un tel développement sera d’évoluer dans une structure plus confortable et peut-être mieux adaptée technologiquement. Le travailleur y gagnera donc un meilleur confort au travail et une diminution de sa durée si elle est décidée en commun.
De cette façon la taille des pôles de production s’établiront naturellement tout en laissant chacun conserver cette valeur moyenne de capacité de production qui lui servira de "monnaie" d’échange pour aller travailler dans une autre branche, dans une autre région, dans une autre dimension de structure. 
Son intégration dans son nouveau lieu de travail sera cependant soumise à l’approbation de ceux qui sont déjà en place et dépendra de l’évaluation de sa compétence, des besoins locaux, et de la volonté commune des travailleurs de développer leur structure.
Sinon il pourra échanger sa place avec un travailleur isolé qui souhaite changer de façon de travailler.

Cette façon de fonctionner décrite succintement pourra donc être applicable à toutes les branches de la nouvelle économie .
Elle me semble, à l’étape actuelle de ma réflexion, associer plutôt harmonieusement socialisation et liberté individuelle.
Bien des zones d’ombres persistent bien sur.

 

 

kuhing,  mai 2009

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