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Le blog de Collectif Anarchiste des Alpes-Maritimes... et d'ailleurs

Une analyse de la situation actuelle

18 Novembre 2010 , Rédigé par Collectif Anarchiste des Alpes-Maritimes

Saint_Roch_Pb.JPG

 

 

De la tyrannie de la société du Capital, vers la répression,
jusqu’à la dictature d’un seul individu


combien de temps encore les peuples pourront résister à la violence

 

En préambule, l’auteur de ses lignes tient à souligner que l’analyse qu’il a menée – qu’il continue de mener – peut aussi bien être la conséquence d’un accès aigu de paranoïa plutôt que d’une observation objective des petits et grands évènements présents.
Auquel cas, le lecteur peut légitimement penser à des élucubrations, et, par voie de conséquence, ne pas tenir compte de la conclusion.

Contexte local

Toutes les constations décrites ci-après ont été effectuées dans les quartiers Est de Nice, depuis celui du Port jusqu’à celui de Saint Charles et la limite où porte le regard vers l’Ariane.
Le point central d’observation, en lui-même n’est pas anodin puisqu’il se situe à 250 mètres à vol d’oiseau du Commissariat de Police Vauban ou Centre de Auvare, du poste principal de la Gendarmerie qui le jouxte, et à mi-chemin entre ces deux là et le quartier Saint Charles.
Par ailleurs, il s’inscrit au cœur d’une voie de circulation dont le rôle a été considérablement altéré depuis la construction de la ligne de tramway implantée en lieu et place de l’ancien boulevard principal (V. Barel – Saint Roch), immédiatement parallèle à elle-même, sur lequel il a été instauré un plan de circulation rédhibitoire de part et d’autre du tramway – succession de chicanes comportant un rétrécissement de voie, multiplication de feux tricolores, angles  très serrés tels que la Sécurité Civile a émis plus que des réserves puisqu’un camion d’intervention des sapeurs pompiers de taille moyenne ne peut les franchir sans mordre soit sur le trottoir (lui-même hérissé de piquets métalliques), soit sur le gazon du tramway.
 De desserte de quartiers, la voie en question (long tronçon de la rue de Roquebillière / boulevard Pierre Sémard – Pont Michel – Pénétrante et voie sur berge du Paillon) a reçu vocation de premier axe de pénétration/de sortie Port ? accès autoroute Nice Est, en particulier pour les transports publics par navettes et autobus, les poids-lourds et le transit des voyageurs à véhicules particuliers en provenance des ferries en direction de l’accès autoroute le plus proche. La « Pénétrante » de l’Est et la Route de Turin étant d’avantage orientées directement vers le centre ville.

  Saint_Roch_Pb-copie-1.JPG

 

 

 

Concrètement, les constats

 

Depuis  quelques mois, il est possible d’observer une transformation méthodique de certains aspects de l’environnement urbain et des activités des acteurs institutionnels :
1°) Les espaces verts, longeant ou avoisinant l’axe visé ci-dessus, dont la surface présente une certaine superficie et une relative densité de végétaux – arbres et/ou haies végétales – sont l’objet de coupes rigoureuses au point d’exaspérer les riverains qui multiplient les pétitions et actions de défense.
La municipalité les justifie par la prévention des risques naturels et/ou  l’amélioration des conditions environnementales.
 Mais il n’est pas interdit de redouter d’autres finalités en premier ressort.
Deux sites  sont significatifs.
L’un borde directement le centre de Auvare, sur le côté opposé de la rue du Maréchal Vauban, le long de la rue de Roquebillière : ce sont les alentours du Parc des Sports Vauban où plus de 35 pins respectables, en pleine santé (41 avaient été marqués), ont été abattus aussi bien sur la bordure de la rue du Maréchal Vauban que sur sa perpendiculaire, la rue de Roquebillière, ainsi que les haies adossées aux hautes grilles métalliques.
Le second, à quelques encablures de là, est le jardin de la Résidence Saint Roch Extention, complexe d’habitation HLM de Côte d’Azur Habitat (ex OPAM). Les trois bâtiments HLM forment un gigantesque U. A cet endroit, sur la façade ouverte du U, la totalité de la haie végétale dépassant une hauteur d’homme, appuyée sur la face interne de semblables grilles métalliques, a été purement et simplement détruite.
La conséquence immédiate observable de ces dégagements botaniques est le percement d’un champ visuel à la dois large,  profond et panoramique.
Toutefois, il est permis de se questionner, derrière des barrières – qui une fois closes hermétiquement deviennent difficilement franchissables sans prendre de graves risques pour l’intégrité physique des individus tentés de les escalader , sur la délimitation de zones de confinement, propice au piégeage de manifestants et à leur répression de masse (gazage, cartouches lacrymogènes, flash ball, interpellation immédiate, …)
Or précisément, la particularité commune à ces deux sites, d’un point de vue de service d’ordre et/ou de répression, outre leur position géographique évoquée précédemment, est leur originalité stratégique : emplacement sur un axe remarquable / capacité de rassemblement  en nombres / possibilité de claustration de foules.
Le premier, un parc urbain dévolu aux sports et aux loisirs est par conception d’un niveau constant et découvert. Il est limitrophe du centre principal exécutif de Police niçois, qui dispose de locaux, d’équipements et de personnels considérables, où sont pratiqués gardes à vue, interrogatoires et autres procédures judiciaires.
Le second est enclavé au sein d’une architecture de type « barres », perpendiculaires les unes aux autres sans véritables  issues aux angles. De surcroît, il est localisé à une convergence de couloirs en provenance d’un vaste ensemble d’habitations où s’entasse l’une des populations les plus défavorisées de l’agglomération niçoise, Saint Charles ; l’ouverture du U est orienté vers ces couloirs.
De fait, dans l’éventualité d’éclatements de troubles sociaux simultanés en des lieux multiples, jugés dangereux et hostiles par et envers les pouvoirs publics, il devient aisé à ces derniers de recourir à une répression de masse « à moindre frais » - champ d’action limité et délimité par anticipation / forte concentration d’individu sur un périmètre pour ainsi dire « pré-aménagé et désigné» / contrôle coercitif facilité – et ce,  de façon très efficace.

2°) A intervalles réguliers dans le temps, un hélicoptère de la Protection  Civile ou de la Gendarmerie survole les quartiers de Saint Charles et l’Ariane.
A Saint Charles, zone aérienne visible depuis le point central d’observation, l’engin se met en vol stationnaire, face aux barres d’immeubles imposantes et finit par un lent glissement en vol latéral.
Équipé de jumelles, il est possible de distinguer les portes ouvertes, les combinaisons sombres (celles des intervenants de la Protection Civile au titre des secours sont  orange fluorescent), et la potence supportant des appareils d’observation – peut-être des enregistreurs de photographies et de vidéos ?
Les rotations sont longues et visent distinctement le site de Saint Charles : pas de poursuite en survol de voies de communication – une fois l’opération d’exploration effectuée, l’aéronef reprend une trajectoire directe en vol ascensionnel.
Au sol, pas plus de sirènes de véhicules police ou des sapeurs pompiers que d’habitude, quelquefois, absences totales de ces sons si reconnaissables, indiquant le défaut d’intervention pour voie de fait ou autre événement.

3°) Le renforcement et le déploiement des Compagnies Républicaines de Sécurité sont manifestes ces dernières 72 heures.
Jusque là et hors des périodes dites « sensibles », après 22 heures, il est courant de croiser des équipes de la Police Nationale ou de la Police Municipale en ronde de nuit. Ces  équipes se composent de trois agents circulant dans un véhicule. La Brigade Anti criminalité procède également à ce type de patrouilles suivant la même configuration, en dehors des interventions directes.
Depuis trois jours, ce sont des fourgons de CRS emportant de sept à huit équipierts qui sillonnent ostensiblement les artères de la ville.
Mardi 16 novembre, en fin de matinée, deux autobus combles des CRS se sont dirigés vers la Caserne Auvare.
Habituellement, ce type de scène se produit une dizaine de jours avant les fêtes de fin d’années : nous en sommes à plus d’un mois.

NB : il n’a pas été encore matériellement possible d’élargir cette étude aux quartiers Ouest et Nord de la seule ville de Nice – cet élément peut  largement pondérer ces observations de terrain, soit.

4°) Bien que cela puisse paraître anecdotique, il est à noter que le premier ministre d’état après le premier ministre est le « Ministre de la Défense et des Anciens Combattants ». Cette fonction échoit à Alain Juppé : l’homme a démontré son sens aiguisé du pouvoir de même que sa propre conception.
Au delà de l’anecdote du rang protocolaire, bien nous fait de reconnaître la symbolique. Du reste, il serait naïf et dangereux de sous-estimer la seule prérogative d’un ministre d’état : pouvoir organiser des réunions interministérielles, normalement apanage du premier ministre.
Lorsque le premier des ministres d’état est le ministre qui a la charge « de la défense [est] responsable, sous l'autorité du Premier ministre, de l'exécution de la politique militaire et en particulier de l'organisation, de la gestion, de la mise en condition d'emploi et de la mobilisation de l'ensemble des forces ainsi que de l'infrastructure militaire qui leur est nécessaire. Il assiste le Premier ministre en ce qui concerne leur mise en œuvre. Il a autorité sur l'ensemble des forces et services des armées et est responsable de leur sécurité. Article L1142-1 du code la défense ».
Sauf qu’aujourd’hui, une dérogation est instituée !
On peut aussitôt, par association d’idées, penser à la Gendarmerie Nationale, même si elle fait désormais l’objet d’une direction du ministère de l’intérieur. Il n’en reste pas moins qu’en cas de « crise », cette dérogation permet au titulaire en poste à la défense d’agir directement en étroite collaboration avec celui en poste à l’intérieur, ministère qui aujourd’hui se décline comme suit : « ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration ».
L’association Alain Juppé / Brice Hortefeux – en d’autres termes celle de l’armée avec la police - se trouve à présent parfaitement consacrée : les deux entités peuvent unir et conjuguer leurs moyens d’action en court-circuitant le premier ministre, tout en bénéficiant au passage d’une coordination accrue, accélérée et sans entrave.

5°) Enfin, le dernier remaniement ministériel a vu l’expulsion pure et simple des figurants de l’ « ouverture » - centre-droit / centre / « gauche » - l’état est maintenant sous le contrôle de la seule droite, fortement teintée d’extrémisme.
Après le succès qu’a connu le gouvernement précédent à propos de la contre réforme portant sur les retraites, puisqu’enfin, le projet a été mené à son terme dans les conditions que l’on connaît – négation de la représentation nationale -, il serait pareillement suicidaire de se laisser abuser par l’écran de fumée qu’a développé Nicolas Sarkozy à propos de la prétendue prochaine réforme majeure, à savoir, la suppression du bouclier fiscal, l’abrogation de l’impôt sur la fortune au profit d’un impôt sur le patrimoine : ce serait oublier que deux autres contre réformes, bien plus majeures encore quant à leurs conséquences sur le peuple,  sont déjà dans les tuyaux : celles de la Sécurité Sociale et de la protection, et celle de l’état. Nous savons tous la constance, mais aussi la duplicité des paroles du président de la république !

Cela nous conduit au constat suivant, en forme d’interrogation, avons-nous affaire à une planification de grande ampleur, mûrement et minutieusement  élaborée par un « trust » alliant politique et produits financiers, ayant pour unique dogme le Capital et le profit à tous et n’importe quels prix, trust désormais à même de mettre en œuvre les desseins funestes d’un seul homme ? Cette planification tenant compte des points remarquables géographiques, du parti à tirer des angles de la géométrie, des singularités des populations, etc. en adoptant un organigramme d’une précision extrême, taillé sur mesure.

 

 

Vauban_Auvare_Pb.JPG

 


Conclusion

 

La réponse pourrait être : oui.
Bien sûr qu’il est légitime à chacun de considérer cette analyse avec une réserve dubitative.
Pour autant, celle-là pose suffisamment de questions pour que les facultés de chacun d’éveil, de vigilance, à tous les instants, soient en perpétuelle activation et nous porte à préparer, organiser et conduire collectivement, de manière impérative, réfléchie mais non dans la précipitation, une résistance et une révolte légitimes.
Mais quelle forme doit prendre cette résistance et cette révolte légitimes ?
Au delà des protestations et des grèves désormais devenues honteusement formelles, sans aboutissement ni conquêtes nouvelles, au delà des formes de résistances alternatives de blocages, sabotages, dissidences, désobéissances civiles, trop peu usitées encore, à la portée qui ne parvient pas à rompre le déséquilibre et l’état de crise permanent qualifiant le système du Capital, qui paradoxalement se renforce en se désagrégeant, mais dont la contre partie destructrice est la progression toujours plus étendue de la paupérisation et de la misère, au delà, encore ! de tout ce que les peuples peuvent imaginer et concrétiser de non-violent, quelle intelligence émancipatrice parviendront-ils à animer ?animer ?du ce parviendront-ils à   imaginer et concrétiser de non-violent, vert de légalité auton du bouclier fiscal, l'
Le peuple, les peuples – même ambitionnant  à la paix, même aspirant à la non-violence - quand les états, l’état français en particulier, multiplient les provocations, nourrissent les discours de haine et de xénophobie, alimentent la préparation universelle aux conflits armés, préparent et mènent des guerres fratricides, usent de violence globale incluant les violences physiques faites aux personnes , sous  couvert de légalité auto-adjugée, les peuples enfin,  pourront-ils faire l’économie d’une confrontation physique que nous savons d’avance meurtrière, ne fût-elle que défensive ?
Ne détenons-nous pas  les motifs, le droit et même le devoir de récuser et le système capitaliste et ce gouvernement ?
L’Humanité sortira-t-elle de sa nymphe, s’extirpera-t-elle des brouillards de la confusion, accèdera-t-elle enfin à un niveau de conscience supérieur, celui de l’enfance pour commencer ?

 

 

Ju de Nice

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